Le nettoyage de mon arbre : les lieux-dits

J’ai entrepris de faire un peu de remise en ordre dans ma généalogie, que j’ai commencé il y a environ 12 ans. Les individus et les documents se sont entassés au fil du temps, il y a donc quelques relectures à faire et surtout quelques améliorations.

 

Cela passe par plusieurs étapes :

  • La vérification de chaque individu : relecture des documents, vérification des dates, ajout de précisions si nécessaires, recherche de nouveaux documents grâce aux nouvelles données en ligne. J’ai notamment pu approfondir ma saisie des premiers individus rentrés, qui ne possédaient souvent pas de témoins ou de sources (ce qui m’a donné l’occasion de pester contre le moi d’il y a 12 ans) ; https://twitter.com/chroniquestemps/status/927554372682289153
  • L’uniformisation des sources : attribution d’une nomenclature identique pour le nom de chaque source, car je n’ai jamais remodifié les noms de mes premiers documents numérisés ;
  • L’amélioration des lieux : vérification des lieux pour chaque individu, création d’un lieu spécifique pour les lieux-dits afin qu’ils soient comptabilisés dans les statistiques.

 

Aujourd’hui, j’ai choisi de parler de ma nouvelle gestion des lieux et en particulier des lieux-dits, car elle m’a permis d’améliorer mes connaissances sur mes ancêtres. Cela fait écho au récent article de Sophie Boudarel qui m’a incité à me pencher sur cette réflexion que j’avais déjà eue cet été.

 

©Pixabay

 

Une nouvelle gestion des lieux-dits

Les lieux de ma généalogie sont devenus très importants pour moi. En effet, ils me permettent de connaître les régions où ont vécu mes ancêtres et d’en établir des statistiques, que je peux ensuite exploiter en infographies.

Cet été, lorsque j’ai commencé à établir des statistiques pour le Challenge AZ, je me suis retrouvée face à une interrogation : comment prendre en compte les lieux-dits ?

 

Jusqu’alors, ma pratique visait à entrer dans Heredis la commune de l’événement, et à indiquer le lieu-dit dans la rubrique « Subdivision ». Mais l’événement était alors comptabilisé dans la commune et non dans le lieu-dit. Désormais, j’ai décidé de créer un nouveau lieu pour chaque lieu-dit, comme s’il s’agissait d’une commune à part entière. Cela me donne deux avantages par rapport à mon ancienne pratique :

 

1) Cela affine les résultats de mes statistiques

Notamment en Bretagne, où l’habitat est très dispersé et où les communes possèdent de nombreux lieux-dits. À titre d’exemple, la commune de Plounévez-Moëdec, dans les Côtes d’Armor, s’étend sur 40 km2 et comprend une cinquantaine de hameaux, qui ne regroupent souvent que quelques habitations. Toutes les communes ne possèdent pas autant de lieux-dits, mais au moins quelques-uns chacune.

Prendre en compte les lieux-dits me permet donc d’affiner mes statistiques puisque finalement, la plupart de mes ancêtres ont vécu à la campagne et non pas dans les bourgs (même si l’on parle de villages ou de petites villes).

 

En modifiant ou pas les lieux des événements principaux survenus sur une petite zone de Bretagne, on obtient les deux cartes suivantes. La première montre les statistiques lorsque seules les communes sont prises en compte, la seconde lorsque les lieux-dits (en italique) sont pris en compte. La différence n’est pas exceptionnelle sur le total, mais on remarque des modifications localisées. Plouigneau, par exemple, ne concerne finalement que peu d’événements de ma généalogie, lorsque l’on prend en compte ses lieux-dits Langonaval, Goasbriand, Saint-Eloy et Luzivilly.

 

 

Nombre d’événements par commune dans la région de Plestin-les-Grèves (Côtes d’Armor et Finistère). Inkscape. Les Chroniques du Temps.

 

2) Cela me permet aussi de mieux suivre les lignées

Surtout que je n’ai accès pour l’instant qu’aux archives numérisées pour ma généalogie personnelle. En prêtant plus attention aux lieux-dits, je me suis mieux rendu compte des lignées qui vivaient dans le même hameau, qui s’unissaient ensemble et qui se transmettaient leurs biens.

 

Par exemple, mes ancêtres proches du Nord sont originaires de Solesmes et plus spécifiquement du hameau d’Amerval. Les actes d’état civil et paroissiaux sont ma seule ressource en ligne pour les suivre géographiquement, car les recensements de population ne sont pas en ligne.

L’arbre d’ascendance suivant montre la mention d’Amerval dans les événements principaux qui concernent mes ancêtres. On remonte ainsi la lignée paternelle de mon arrière-grand-père pendant tout le XIXe siècle, ce qui laisse supposer une forte endogamie et une transmission de patrimoine. Au-delà du XIXe siècle, les actes paroissiaux ne mentionnent plus forcément les hameaux, mais on peut supposer que le hameau d’Amerval est déjà présent dans leur implantation géographique.

Ancêtres de mon arrière-grand-père qui ont vécu au hameau d’Amerval ou à Solesmes. Heredis 2017. Les Chroniques du Temps

 

Ainsi, la précision des lieux me permet de mieux gérer mes statistiques et de mieux connaître mes lignées. Lorsque les archives en ligne sont incomplètes, cela me donne davantage l’occasion de suivre mes ancêtres et d’imaginer le contexte (souvent rural) dans lequel ils vivaient.

 

3 thoughts on “Le nettoyage de mon arbre : les lieux-dits

  1. Bien que généalogiste amateure « que » depuis 3 ans et sur Geneatique et non Heredis, je m’aperçois que j’ai déjà pris des mauvaises habitudes et je peste moi aussi contre mon « moi » négligent ;=) !
    Au Pays basque, c’est le nom des maisons qui est primordial et permet de s’y retrouver dans une lignée mais je ne les rentre sous le même format que depuis peu. C’est sûr que l’uniformisation des sources est primordiale, merci de nous le rappeler !

  2. Bonjour.
    J’avais envisagé un tel choix mais il m’est impossible de mettre en place des lieux différents pour chaque lieu-dit. En effet, plus de 80% des ancêtres des MaLiBeLe (il faudra que je m’attelle un jour au calcul de cette donnée) sont des « paysans » (manouvrier agricole, laboureur, agriculteur, cultivateur, propriétaire…) et ont beaucoup bougé de lieux-dits en lieux-dits sans sans s’écarter beaucoup de leur commune ou de leur paroisse. Mettre en place une telle donnée reviendrait à pulvériser les lieux. Sur la paroisse de Rocamadour par exemple, mes ancêtres ont occupé plus de 15 lieux-dits différents. Il y en a même un qui n’est plus mentionné sur les cartes topo., qui ne présente aucune trace d’une quelconque ancienne occupation (mais bien présent sur Cassini). Pourtant mon logiciel de généalogie me permettrait de la faire assez facilement mais je ne crois pas que l’émiettement apporterait beaucoup à une meilleure connaissance de la vie de nos ancêtres.
    Cordialement,

    1. Oui, il y a des inconvénients à cette méthode. Plutôt que d’avoir une branche localisée sur une commune (plus facile à remarquer), on obtient parfois la même branche dispersée sur plusieurs localités, moins visible même si elles sont proches. Peut-être que les inconvénients prendront le pas dans quelques temps et que je changerai à nouveau de méthode !

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