Le DU Histoire et généalogie familiale de l’Université du Maine

En 2016, je me suis inscrite au DU Histoire et généalogie familiale proposé par l’Université du Maine, afin d’obtenir une certification en généalogie et d’approfondir mes connaissances.

Je vous livre mes premières impressions sur ce diplôme, que j’ai terminé en mai dernier.

 

 

Présentation du DU

+  Le DU propose 7 unités d’enseignement (UE). Les 6 premières sont des approfondissements théoriques et la 7ème est la réalisation d’une monographie familiale. Il se déroule entre novembre et mai, soit sur 7 mois.

+  Les cours sont mis en ligne sur une plate-forme virtuelle. Ils sont tous écrits, aucune visio-conférence n’est nécessaire et donc, aucune présence obligatoire à un moment précis. Chacun avance à son rythme et selon ses envies.

+  Chaque UE fait l’objet d’un travail final à rendre sous forme de dossier. Là encore, aucune présence n’est requise puisqu’il n’y a pas d’examen en présentiel. Cela permet d’avoir une approche axée sur la pratique, après avoir vu quelques notions dans les cours.

 

Les enseignements

+  Les enseignements proposés dans les 6 premières UE sont variés : ressources archivistiques, paléographie, héraldique, histoire familiale, histoire d’une propriété et cartographie. Ils permettent d’approfondir des domaines complémentaires à la recherche généalogique pure.

+  La formation n’apporte pas de connaissances en histoire, ce qui a été l’un de mes critères de choix par rapport à d’autres formations puisque j’ai déjà une licence d’histoire. Je ne voulais pas une formation qui répète certaines connaissances que j’ai déjà abordées il y a quelques années et qu’il me suffisait de rechercher dans mes cours. Mais cela nécessite donc d’avoir quelques connaissances en histoire afin d’être plus à l’aise.

  Certaines thématiques sont cependant un peu trop spécifiques selon moi, comme la micro-histoire qui a été développée dans plusieurs cours. Un seul cours aurait à mon avis suffit.

–  Par contre, la formation s’adresse en particulier à ceux qui souhaitent faire de la généalogie leur activité professionnelle, mais elle ne propose aucun cours sur l’installation en tant que généalogiste professionnel : environnement légal, conseils pratiques…

Extrait de la plaquette de présentation du DU. Université du Maine

 

Les dossiers et la monographie familiale

+  Le diplôme est attribué après la rédaction de 6 dossiers et d’une monographie familiale, qui reprend les éléments des 6 dossiers et leurs corrections.

+  La monographie familiale permet d’approfondir l’histoire d’un ancêtre et de sa famille. Elle entraîne à la rédaction d’un dossier qui replace la famille dans son contexte économique et social, à la manière d’un généalogiste professionnel.

  Les dossiers ont toutefois une forte dominante historique, les exigences sont avant tout celles des professeurs qui sont tous des historiens universitaires. Je ne suis pas sûre que tous les clients auraient ces attentes, mais c’est ensuite au généalogiste professionnel de cerner les demandes de ses clients et d’adapter son travail.

  La répartition entre les cours et la rédaction des dossiers ne m’a pas convenue. Les cours des 6 UE sont mis en ligne chaque semaine, sauf pendant les vacances scolaires, et s’échelonnent donc sur plusieurs mois. Mais les recherches pour les dossiers et leur rédaction demandent également beaucoup de temps. J’aurais préféré une mise en ligne des cours en bloc, soit tout d’un coup au début de la formation soit pendant un ou deux mois, puis consacrer entièrement mon temps des 5 derniers mois aux recherches et à la rédaction de mes dossiers. Cela m’aurait également permis d’avoir toutes les connaissances dispensées par la formation au moment où j’ai commencé mes dossiers.

 

Suivi et entraide

+  La plateforme d’enseignement à distance propose des forums accessibles aux enseignants et aux étudiants. Chacun peut y poser ses questions, lire celles des autres et les réponses qui y sont faites. Cela permet d’avoir des éclaircissements, des points de méthodologie, mais aussi des réponses à des questions auxquelles on n’avait même pas encore pensé.

  Il y a par contre peu de suivi individualisé pour la rédaction des dossiers et de la monographie familiale. Nous avons chacun un enseignant attitré mais j’aurais souhaité qu’il me conseille parfois davantage, et surtout qu’il lise mes travaux au fur et à mesure de leur avancement, non pas pour les corriger mais pour m’en faire des comptes-rendus sur ma méthodologie, par exemple. Après tout, nous étions encore en formation. Cette exigence me vient peut-être de mon master, pendant lequel j’ai été admirablement suivie, mais plusieurs étudiants ont aussi fait cette remarque.

 

Profil-type du public et apports du DU

+  En conclusion, à mon avis, cette formation s’adresse à des personnes qui ont déjà une expérience en généalogie mais également quelques connaissances en histoire. Elle permet d’approfondir ses connaissances et sa méthodologie. Les premiers cours sont accessibles aux débutants et reprennent les B.A.-BA de la généalogie, mais les exigences pour les dossiers nécessitent selon moi d’avoir une certaine pratique. Il serait peut-être d’ailleurs judicieux d’adresser cette formation à un public non débutant uniquement et d’approfondir encore les cours.

  Ce DU nécessite aussi beaucoup de temps, même s’il est aménagé pour les personnes en activité. Il est donc préférable d’avoir une activité qui laisse plusieurs heures par semaine, voire par jour. Il faut en effet reprendre chaque cours, effectuer les recherches en ligne pour les dossiers, se rendre aux archives et dans divers autres lieux et rédiger les dossiers.

+  Pour ma part, je retiens en particulier de ce DU des apports en ressources archivistiques, en cartographie (ce qui m’a donné envie de faire beaucoup de cartes et d’infographies !) et en méthodologie. Je dois encore m’entraîner en paléographie médiévale, à laquelle je n’ai pas encore été beaucoup confrontée.

Comparatif des différentes formations universitaires en généalogie. La Revue Française de Généalogie, n°229, avril-mai 2017

 

Liens utiles

Le site du DU à l’Université du Maine

La présentation de la Revue Française de Généalogie

7 thoughts on “Le DU Histoire et généalogie familiale de l’Université du Maine

  1. bonjour,
    je vous remercie pour votre article qui est très intéressant .
    Je vais presenter ce diplôme cette année et j’ai quelques questions à vous poser si vous avez un instant.
    Le choix de l’ancêtre dans la monographie familiale est il choisi par l enseignant et les 6 dossiers sont ils complémentaires ?
    Je pensais qu’il y avait des examens finales en mai .
    je vous remercie d’avance
    cordialement
    catherine soulet
    J

    1. Bonjour, non l’ancêtre est choisi par vous mais vous pourrez demander son avis au professeur qui vous suivra. Les 6 dossiers sont complémentaires dans le sens où ils doivent avoir un lien avec l’ancêtre en question. Ils devront ensuite être compilés dans le 7ème dossier.
      Il n’y a pas d’examens finaux, les notes sont le résultats des dossiers et d’un test en cartographie.

  2. Bonjour,
    Je vais rajouter des points si vous le permettez. Non pas parce que je suis le chargé de cours du DU de Nîmes, mais parce que j’ai reçu, en tant que professionnel, un DU du Mans en stage pendant les 15 derniers jours du mois de juillet : Mathieu Marie.

    L’avoir en stage a été très difficile. L’Université du Mans a en effet refusé de lui signer purement et simplement une convention de stage. Nous sommes donc passés par l’intermédiaire de Pôle Emploi pour qu’il puisse venir suivre un stage chez moi. L’Université lui a donné comme raison qu’elle n’était là que pour lui donner des enseignements théoriques. Et rien d’autre. Cela a beaucoup surpris Mathieu. Je dirais même que c’était choquant pour lui alors qu’il voulait en faire son métier d’avoir ce refus pur et simple.

    C’est moi qui ai mis en contact Mathieu et Laure Martin. Ils appartenaient tous les deux à la même promotion, voulaient tous les deux se mettre à leur compte mais ne se connaissaient pas, ne s’étaient jamais rencontrés et ne pouvaient donc pas échanger sur ce sujet. Par contre tous les deux étaient venus vers moi me poser des questions.

    J’ai appris à Mathieu qu’il existait un groupe LinkedIn concernant le DU du Mans. Il n’était pas du tout au courant, personne ne lui en avait parlé pendant toute l’année.

    Je ne sais ce que vous en pensez mais personnellement je trouve cela surprenant. Ne parlons même pas de la surprise de Mathieu.

    1. Bonjour, merci pour votre commentaire.
      C’est vrai que ce DU n’est pas encore très axé sur la professionnalisation (cours de méthodologie ou stages). Je pense que c’est un point à améliorer.

    2. Bonjour,

      Le DU Histoire et Généalogie familiale du Mans Université ne comporte en effet pas de stage, donc pas de possibilité de signer une convention de stage. Il est conçu comme la future première année d’un master de Généalogie dont la seconde année, en revanche, comportera un stage obligatoire. Celle-ci portera sur la généalogie successorale et sera dispensée par nos collègues de la Faculté de Droit, qui préparent dans un premier temps la mise en place d’un DU sur ce modèle. Ce master sera plus professionnalisant que l’actuel DU Histoire et Généalogie familiale.

      Un groupe LinkedIn informel du DU Histoire et Généalogie familiale a en effet été ouvert l’an dernier. Les étudiants de la promotion ont été invités à y adhérer pour pouvoir garder contact, notamment entre eux.

      Bien cordialement,

      Ghislain Baury
      responsable du DU Histoire et Généalogie familiale
      Le Mans Université

  3. Bonjour, j’ai moi aussi obtenu ce diplôme (mais sur la session précédente). Je suis d’accord avec vous sur le calendrier des cours (une info que j’avais déjà fait remonter aux responsables de la formation) : on passe trop de temps à revoir les « basiques » ( sachant que nous avons déjà tous une expérience de la pratique généalogique et des AD) alors que certaines sources plus spécifiques, qui pourraient nous être utiles, ne sont abordées que sur le tard, ce qui ne laisse pas le temps matériel de les intégrer à sa recherche. Et c’est d’autant plus dommage que le contenu des cours est vraiment de qualité !

    1. Bonjour Isabelle, et merci pour votre commentaire !

      Avancer le calendrier de mise en ligne des cours s’est en effet rapidement imposé comme une nécessité grâce aux remontées des étudiants. Nous l’avions fait l’an dernier, peut-être encore insuffisamment. Le calendrier est encore plus resserré sur le premier trimestre cette année. Mais il faut trouver le bon équilibre afin de laisser aussi aux étudiants le temps d’absorber ces cours et l’envie de venir échanger sur la plate-forme.

      Bien amicalement,

      Ghislain Baury

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