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Les registres d’état civil de Moselle en ligne – Jean WEIS et Elisabeth KOLL

Le 21 janvier dernier, le site des Archives départementales de Moselle mettait en ligne pour la première fois une partie de ses registres d’état civil. Cela concerne les 105 communes actuelles de l’arrondissement de Thionville, au nord du département.

Pour la généalogie de ma belle-famille, c’est tout un pan d’histoire récente qui devient accessible à distance, avec notamment les communes de Koenigsmacker, Budling, Klang/Kemplich et Halstroff.

La généalogie en Moselle

La frontière linguistique

Tout d’abord, il faut savoir que la généalogie mosellane possède une particularité : celle de la frontière linguistique.

Au nord et à l’est de la Moselle, les habitants parlaient jusqu’au XXe siècle des patois germaniques : les franciques luxembourgeois, mosellan et rhénan ainsi que l’alsacien pour une petite partie du canton de Phalsbourg. Dans le reste du département, on parlait différents dialectes lorrains qui se rapprochent du français.

L’ensemble de cette région du nord et de l’est a d’ailleurs été appelée la Lorraine allemande jusqu’à l’Annexion de 1871. Après 1918, on a plutôt parlé de Lorraine francique ou germanophone, car le terme de Lorraine allemande renvoyait trop à l’Annexion allemande.

Origines et évolution

Cette frontière linguistique remonterait au moins aux invasions barbares du Vème siècle, qui a vu l’installation des Francs rhénans et des Alamans, deux peuples germains, dans ces régions du nord et de l’est, alors que les celtes Médiomatriques sont restés majoritaires dans le sud de l’actuelle Moselle.

Elle est restée présente durant les siècles suivants et n’a que très peu fluctué. Après la guerre de Trente Ans (1618-1661 en Lorraine), cependant, elle a reculé à l’ouest de Thionville et dans le sud-est, à l’ouest de Sarrebourg. En effet, ce conflit a laissé un territoire dévasté, pillé par les armées suédoises et croates notamment, et une baisse de la population de 50%. De nombreux colons se sont alors installés fin XVIIe-début XVIIIe siècles : des Suisses et des habitants du Saint-Empire dans les zones germanophones, mais aussi des picards et des savoyards dans ces deux zones du nord et de l’est.

À partir du XVIe siècle, l’influence française s’est faite de plus en plus présente en Moselle, dont les villes et villages appartenaient alors aux Trois-Évêchés (Metz-Toul-Verdun), au duché de Luxembourg ou au duché de Lorraine et de Bar, qui dépendaient tous du Saint-Empire romain germanique.

Les Trois-Évêchés ont été annexés à la France en 1648, le Luxembourg français, qui constituait une partie du duché de Luxembourg, a été cédé à la France en 1659, le duché de Lorraine et de Bar a été sous influence française dès 1737 puis rattaché à la France en 1766.

Les administrations françaises ont alors imposé le français dans les actes officiels dès 1685 dans les Trois-Évêchés et le Luxembourg français puis après 1766 dans l’ancien duché, sans pour autant contraindre les populations germanophones à abandonner leur patois.

Une frontière visible en généalogie

Cette particularité se retrouve dans les archives de Moselle, en particulier dans les registres paroissiaux et d’état civil. Avant le rattachement à la France, les actes ont été rédigés en latin dans les villages dépendant du duché de Lorraine et des Trois-Évêchés, et en allemand gothique dans les autres. Par la suite, les actes ont tous été rédigés en français, suivant l’usage obligatoire en France depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539.

Cependant, les patois germanophones ont continué à être majoritaires dans le nord et l’est. On peut le remarquer à travers les signatures des habitants, qui utilisaient pour la plupart un prénom germanique alors même qu’il était francisé dans les actes, ce qui témoigne de l’écart linguistique entre les autorités religieuses puis civiles et les populations.

Ce n’est qu’à partir du milieu du XIXe siècle que l’État français a fait en sorte de privilégier le français par le biais l’enseignement, ce qui a aboutit à la francisation des populations plus jeunes dès la fin du siècle.

Mélange de signatures francophones et germanophones : Jean CRIDLICH, Peter BROCKER et le maire Nicolas REINERT. Archives départementales de Moselle, acte de décès de Jean Adam GROLL, 25/06/1832, Budling.

Jean WEIS et Elisabeth KOLL, une généalogie mosellane

La mise en ligne de l’état civil de Thionville m’a permis d’avancer sur plusieurs branches de la généalogie de ma belle-famille, notamment dans les communes de Budling, Koenigsmacker, Klang/Kemplich et Halstroff.



En bleu, les communes appartenant à l’arrondissement de Thionville

Il s’agit cependant de l’ascendance de Jacques WEISS (1851-1943), que j’avais déjà bien étudiée sur place pour ma monographie de DU généalogie. Les registres d’état civil en ligne m’ont donc permis de compléter mes connaissances sur ces branches déjà connues.

L’apport le plus important se fera lors de la mise en ligne de l’état civil de l’arrondissement de Forbach-Boulay-Moselle, qui correspond à près de la moitié de la généalogie mosellane de ma belle-famille.

Jacques WEISS a grandi à Koenigsmacker, dont était originaire sa mère Elisabeth KOLL et toute sa famille maternelle connue, à partir de sa grand-mère Catherine KOLL.

Les registres en ligne m’ont permis de confirmer que Jacques n’a pas eu d’autres frères et sœurs que ses 2 frères déjà connus, Nicolas et François. J’ai aussi pu confirmer que sa grand-mère Catherine KOLL ne s’est pas mariée et n’a pas eu d’autre enfant que sa fille naturelle Elisabeth. Quelques actes de mariage des frères et sœurs de Catherine m’ont appris les dates de décès de leurs parents Antoine KOLL et Marie Elisabeth KASS, en 1826 et 1827, sans que je puisse obtenir les actes puisqu’il reste encore quelques lacunes dans les actes d’état civil en ligne (environ 40 ans manquants, répartis sur 2 périodes).

Le reste de cette lignée peut être facilement étudiée à travers les registres paroissiaux de Koenigsmacker jusqu’en 1681.

Arbre d’ascendance partielle d’Elisabeth KOLL

Jean WEIS, le père de Jacques WEISS, est né à Budling.

Avec les registres en ligne, j’ai pu compléter les frères et demi-frères de Jean WEIS. Son père Johannes WEIS est en effet décédé à 28 ans en 1826 et sa mère Catherine GROLL s’est remariée avec Peter BROCKER. Mais là encore, des lacunes dans les registres ne me permettent pas de certifier le nombre de ses frères et sœurs (34 ans de lacunes répartis sur 3 périodes).

J’ai surtout pu compléter les autres mariages de ses grands-parents. Son grand-père paternel Johannes WEIS a en effet épousé Madeleine SCHMITT après le décès prématuré d’Anne HARTER en 1810. Ses grands-parents maternels Hans Adam GROLL et Marie SCHMITT se sont mariés après un veuvage survenu pour tous les deux en 1794.

Arbre d’ascendance partielle de Jean WEIS

Les grands-parents de Jean WEIS sont originaires de 4 communes différentes et se sont installés à Budling vers la fin du XVIIIe siècle. Il est par contre assez difficile de remonter très loin leur ascendance en raison des registres encore non numérisés ou lacunaires aux Archives départementales.

Johannes WEIS était originaire d’Holling, qui fait partie de l’arrondissement de Forbach-Boulay-Moselle. Son épouse Anne HARTER était originaire de Bettange, dans le même arrondissement. Leur ascendance peut être remontée en ligne jusqu’en 1742 seulement pour Holling et jusqu’en 1765 pour Bettange.

Hans Adam GROLL est né à Bizing, dont les actes paroissiaux ont été consignés dans les registres d’Halstroff. Malheureusement, les registres ont été tenus de façon lacunaire et ne permettent de remonter que jusqu’en 1691 pour les plus anciens (baptêmes). Enfin, Marie SCHMITT est originaire de Klang, commune regroupée avec Kemplich, dont les registres paroissiaux en ligne remontent à 1786.

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